samedi 18 novembre 2017

, GALLIANO insolite , GALLIANO toujours!!!!

Thierry ESCAICH, Richard GALLIANO   
Galliano insolite, Galliano toujours

La découverte du CD  en duo  de Richard Galliano et Thierry Escaich , ARIA, a provoqué en moi une double impression saisissante : celle d’une envolée buissonnière de notes remarquablement maîtrisées, en un accord remarquable  de souffles, nés d’univers à la fois à la fois proches , et  à la fois différents …Une virtuosité  une peu folle et saisissante dont on demeure en même temps étonné et captivé  !

INSOLITE…


Michel a commencé son texte en parlant à propos d’Aria « de rupture et ce continuité » dans l’œuvre de Richard Galliano :
« Un disque emblématique du parcours - je ne dis pas trajectoire - de Richard Galliano. Un disque en effet qui se situe comme rupture dans ce parcours et qui, en même temps, s'y inscrit comme continuité. Continuité et rupture, les deux pôles d'une démarche de dialogue, de dépassements dialectiques.  Rupture et de continuité , un dialogue « dialectique «  en somme !
Car tous les thèmes  , du  moins ceux de Richard, relèvent pour nous du connu, voire parfois du très familier :

Ainsi !’Aria, ainsi Giselle, ainsi le Tango pour Claude , ainsi la présence familière de Piazzolla,  Oblivion et Tanti Anni Prima plus rare , mais à l’évidence si « Piazzolla »…
  Mais tous , dans ce duo instrumental , apparaissent recréés, dans une version très nouvelle,  inaccoutumée, je dirais «  insolite »..
Et plus encore évidemment les thèmes de Thierry Escaich, ou de la Follia de Corelli (la bien nommée) ou   la Vocalise de Rachmaninov, que je connais pourtant et dont je ne me lasse pas sous les doigts inspirés d’Alexandre Tharaud et  la voix De Sabine Devieilhe…
Quel choix judicieux pour la page de couverture du CD que cette toile de Sonia Delaunay Prismes Electriques , qui me semble une entreprise d’abstraction du réel ,où les colorations sonores éclatent dans des prismes savants et ordonnés , mais qui pour être abstraits n’en demeurent pas moins mélodieux et harmonieux …
Recréés Giselle  , ce thème si mélodiquement sentimental, Vocalise , ou Caruso…
L’accordéon de Richard en développe la ligne épurée (comme dans ses interprétations des « tubes » de Bach, (le terme est de Richard lui-même),ou comme dans un chant solo , sur le fond puissant de l’orgue qui offre en écrin une réverbération puissante et multi-registre …
Que dire du tempo de Tango pour Claude, ralenti , solennel,  mélancolique, comme sait parfois l’être le Tango, et comme l’est à jamais le souvenir de Claude …une véritable re-création…

Mention spéciale pour l’Aria qui me parait moins relever de la transformation que d’une mise en exergue magnifique , une  entrée remarquable dans l’univers du duo , résonnances chaudes et éclatantes, accordéon et orgue unis , sous des voutes  sacrées…
Quant à la Follia de Corelli, elle y prend toutes les magnificences  d’un baroque triomphant…
Tandis que l’Oblivion et  Tanti Anni Prima sonnent   pour moi , comme toujours et plus que jamais,  remarquablement mélodieux et tragiques ,  comme l’ appel du destin. Si « Piazzolla »!




Une fois encore  nous admirons la remarquable force créative de Richard Galliano : le goût de partager et de jouer encore et encore, avec ceux qu’il rencontre et aime,le goût de puiser dans sa remarquable culture musicale intime, l’amour de ses propres œuvres,   lui permettent d’interpréter de recréer, de réinventer,  comme un jazzman, avec une sorte de fantaisie et d’allégresse  buissonnières,  la musique de sa vie !!!
Nous admirons…et regrettons moins,  grâce à  ce beau CD et bien d’autres d’ailleurs, inlassablement offerts   à notre écoute, que Richard G. soit pour nous désormais plus loin , plus inaccessible « live », que l’Inde  et que  la Chine !!!

Keep on swinging !!!


Bonsoir Thierry ! bonsoir Richard !

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